Discorso “L’Occident et l’Iran”

Le Président iranien, Hassan Rohani, se rendra en Europe à la fin du mois de Janvier avec ses visites en Italie et  en France. Les points de vue sont mitigés parmi ceux qui  suivent  depuis longtemps la question iranienne. Plusieurs amis occidentaux du peuple Iranien souhaiteraient voir dans ce grand pays – aussi riche en tradition, culture,  liens avec l’Europe – des progrès significatifs et irréversibles. Notamment, en ce qui concerne  l’ouverture de son système politique  à une véritable démocratie pluraliste ;  le respect des droits de l’homme et de la légalité internationale ; l’engagement avec tous les pays de la région afin de promouvoir tolérance et dialogue parmi les différents religions et groupes ethniques ; l’établissement d’un climat de confiance mutuelle e de coopération sécuritaire avec les Etats voisins ainsi qu’avec l’Occident .

Les visites européennes du Président Iranien devraient donc  etre l’occasion pour ses hotes de vérifier très attentivement la réelle attitude  de Teheran. Dans quelle mésure le Gouvernement iranien serait il disponible à changer de cap ? Est il réaliste de miser dans le court terme sur une évolution poussée  du regime théocratique  lorsqu’il  est toujours guidé par une « vision messianique » qui en constitue la principale raison d’etre ? Un vision qui se traduit dans un soutien acharné – politique , économique et militaire – à factions pro iraniennes en Iraq, Syrie, Lybie, Lyban, Yemen et Gaza , qui sont largement impliquées dans le terrorisme au Proche Orient et ailleurs . Quelle garantie  pourra etre réquise a Rouhani par ses interlocuteurs  à Rome et à Paris en ce qui concerne ses politiques en Syrie, le soutien de la part de Teheran – coute que coute – à un régime génocidaire ancré a la famille Assad qui a  causée trois cent mille victimes , millions de refugies s’acheminant  vers l’Europe, et  la destruction d’un Etat  clé pour la stabilité régionale ?

Le Secrétaire Général de la Ligue Arabe, Nabil El Arabi , a dénoncé la semaine dernière les « actes de provocation » de Teheran dans la crise opposant l’Iran à l’Arabie Saoudite. Il a réuni les Ministres Arabes  au siège de la Ligue  pour « adopter une position commune, forte et claire, et  demander à l’Iran de stopper toute forme d’ingérence dans les affaires de la nation arabe ».

Les milieux d’affaires souhaitent cependant rétablir des fructueuses  relations avec l’Iran. Avec une population de 80 millions d’habitants et des marchés  qui ont  souffert durement a cause des sanctions, l’Iran peut représenter a nouveau un investissement stratégique pour les entreprises occidentales ; mais à la condition que la crédibilité du Pays  et la confiance de la Communauté Internationale soient rétablies  par une donne fondamentale  : le renoncement définitif à l’armement atomique .

Si  l’on analyse de près l’accord nucléaire «5+1 » et les conclusions présentées a Vienne en Décembre dernier par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique –AIEA- sur les activités  du programme nucléaire qui avaient soulevé des préoccupations majeures , il y a peu de quoi se réjouir. Bien que le Conseil des Gouverneurs de l’Agence ait hativement certifié la « bonne conduite » iranienne, pour des « raisons d’Etat » probablement propres à quelque grande puissance, des questions essentielles restent sans réponse : le nettoyage du site de Parchin avant toute inspection internationale eut lieu ; l’énorme quantité d’uranium enrichi incompatible avec un but de recherche médicale ; le refus opposé par les Autorités iraniennes aux interviews des scientifiques engagé dans le programme nucléaire ; les projets concernant la charge explosive pour la réaction en chaine. En plus le test atomique Nord Coréen relance à nouveau les soucis pur la coopération entre Pyongyang et Teheran  en matière atomique e de missiles .

Ceux qui sont en faveur de plus d’engagements avec l’Iran affirment que, comme l’Iran est déjà un acteur majeur en Syrie, une solution pacifique à cette crise ne pourra se faire qu’avec la coopération de Teheran. Certains, en se basant sur une hardie réinterprétation de la Seconde Guerre mondiale, vont même plus loin en proposant une alliance stratégique avec Téhéran pour combattre l’EI.

Un véritable  engagement ne peut jamais se  produire au dépense de la bonne foie , d’une mùre connaissance des objectifs et des intérets nationaux. Tout cela devrait faire comprendre, en ce qui concerne l’Iran, qu’une  politique trop pressée par  des considérations de court terme  pourrait avoir des conséquences très negatives pour la  sécurité de l’Occident ainsi que pour tout les peuples d’une région- le Proche Orient et la Meditérranée – qui font déjà face au défis du terrorisme et des migrations.

Nous devons ètre réalistes .Mais nous devons aussi encourager le changement du statu quo. Les droits de l’Homme sont très importants : pas simplement en ce qui concerne notre morale ou le fait de défendre nos valeurs. Ils représentent aussi des  « indicateur de confiance »  dont nous devrions nous valoir  vis-à-vis nos partenaires. La stabilité et la paix sont strictement liées au respect des Droits de l’Homme e des libertés fondamentales. Les démocraties sont des partenaires  fiables sur le long terme. Elles disposent de mécanismes intégrés dans l’Etat de Droit pour garantir les liberté e les droits de leurs citoyens. Dans le cas de l’Iran cependant, les abus  n’ont jamais cessé. Au contraire, ils ont même augmenté sous le mandat du  President Rohani.

Les gens sont encore pendus en public . Les dissidents sont sujets à de longs emprisonnements et des traitements horribles derrière les barreaux. Les femmes n’ont pas de droits. Des lois médiévales comme les châtiments, la lapidation, l’amputation, la flagellation et même l’énucléation des yeux font partie du Code pénal iranien.

On pourrait dire qu’il y a eu certains changements . Mais  ils apparaissent surtout de façade.

Il est important de considérer ces éléments  afin d’éviter des dangereux compromis sur les violations des droits de l’Homma,les politiques  axées sur le recours à la force et le fait accompli.

De nombreuses ONG  qui soutiennent le Droits Humaines sont très inquiètes . Le derniers Rapports au Conseil des Droits de l’Homme à Genève, du Secrétaire Général des Nations Unies et les Résolutions de l’Assemblée Générale donnent un tableau accablant. Téhéran doit savoir , avec la nécessaire clarté de la part de Rome , de Paris et de tout autre interlocuteur occidental, que pour améliorer ses relations politiques et commerciales, elle doit abandonner ses pratiques indéfendables , l’emprisonnement des opposants politiques , l’exécution de 1 000 prisonniers par an, la pratique généralisée de la torture. Le régime de Téhéran doit également cesser sa participation à la tuerie en Syrie et arrêter d’utiliser ses mandataires régionaux pour mettre en œuvre ses politiques comme en Irak ou au Liban. Toute concession des Occidentaux sur ces sujets serait dangéreuse et contre-productive.

L’Iran vit actuellement une crise économique et un mécontentement croissant de sa population. Il est également embourbé dans la guerre en Syrie, ce qui a des conséquences domestiques.  Il est temps de faire preuve de fermeté, en soutenant les musulmans tolérants, modérés, démocratiques et progressistes qui sont en premier plan dans ce combat.

 

©2020 Giulio Terzi

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